Les enfants qui ne savent pas perdre : les fautes des parents et les conséquences à l’âge adulte

Les enfants qui ne savent pas comment perdre, vivent-ils un stade de développement normal ou ont-ils été trop gâtés (et d’une certaine manière trompés) par leurs parents et leurs éducateurs ? La vérité est au milieu et il y a sûrement des responsabilités des adultes, ainsi qu’une question de caractère. S’il est vrai que la société actuelle a tendance à récompenser les gagnants, il ne faut pas sous-estimer l’importance de savoir perdre : au contraire, c’est fondamental pour comprendre pleinement la victoire et en profiter dans toute sa signification.

Si vous n’acceptez pas la défaite, vous ne pouvez pas gagner, parce que la victoire passe nécessairement par de nombreuses petites défaites. D’ailleurs, comment pouvez-vous penser à éviter le sentiment de défaite de votre fils ? Si vous vouliez vous aussi, avec les meilleures intentions, le protéger de ce sentiment, vous finiriez inévitablement par le tromper : la vie, même celle des personnes les plus ambitieuses et les plus capables, est pleine de petits et de grands échecs. Si ce n’est pas vous qui lui apprenez à perdre avec dignité et style, il se retrouvera désorienté et inadapté face à sa première défaite sportive ou à son premier échec scolaire ou professionnel. Parce que le dicton selon lequel « les examens ne finissent jamais » est vraiment vrai et que les réussir tous au maximum est impossible, même pour les personnes les plus brillantes. Cette attitude, qui se veut protectrice, finit par être contre-productive : les enfants qui ne savent pas comment perdre sont souvent anxieux, avec la phobie de devoir se surpasser pour ne pas décevoir les attentes de leur entourage.

Est-il important de gérer une défaite ?

Ne pas savoir comment gérer une défaite par la diplomatie peut être dangereux même à l’âge adulte : ceux qui associent la reconnaissance de leurs limites naturelles au sentiment de n’être personne, ne savent pas comment gérer les problèmes et les imprévus et courent un grand risque de dépression. Ce sport est un excellent professeur pour les enfants : même les plus forts peuvent perdre et il est important que les parents ne cherchent pas à attribuer la responsabilité aux adultes impliqués dans le jeu (l’entraîneur ou l’arbitre par exemple) mais aident l’enfant à accepter la défaite en réduisant sa gravité.

Il est bon de transmettre une attitude sportive : comme le conseillent aussi les bons entraîneurs, il faut toujours féliciter l’adversaire qui nous bat (tout comme le vainqueur doit saluer avec respect ceux qui ont perdu avec dignité). Il en va de même pour l’école, bien sûr : si l’enfant obtient une mauvaise note, ce n’est pas automatiquement la faute de l’enseignant qui est trop strict. En bref : ne le dispensez pas de ses responsabilités. Mais même à la maison, vous pouvez faire quelque chose pour aider l’enfant à acquérir cette conscience et à ne pas arriver non préparé devant ses camarades de classe ou ses pairs avec lesquels il fait du sport. Voici quelques conseils pour les parents.

Apprendre aux enfants à perdre : conseils aux parents

– Lorsque vous jouez avec vos enfants, vous évitez de les laisser toujours gagner : nous savons que la tentation est grande, mais de cette façon, vous les ferez se sentir imbattables et ce n’est pas bon. Si un enfant de 5 ans se convainc qu’il a toujours raison d’un adulte, comment peut-il alors accepter de perdre contre un enfant de son âge ?

– Les jeux éducatifs et d’adresse sont importants pour le développement de l’enfant, mais de temps en temps vous jouez aussi à des jeux de hasard. Ainsi, vous leur ferez comprendre que parfois, gagner est une question de probabilité et de chance et n’a rien à voir avec leurs capacités.

– Pour lui faire accepter la défaite plus sereinement, vous lui offrez parfois des prix, même pour ceux qui ne gagnent pas : de petites récompenses comme un bonbon.

– Après l’avoir battu, donnez-lui une chance, pas toujours immédiate, d’avoir une revanche. Même s’il perd à nouveau, il comprendra qu’il y a plus de chances dans la vie.

– Fixez des règles de respect et de sportivité dans le jeu : le gagnant doit toujours féliciter le perdant.

– Souligner ses améliorations.

Le parcours plus que la finalité

Comme parent, on met l’accent sur le plaisir qu’on a à jouer et non sur le résultat final (qui perd et qui gagne). Durant la partie, on peut passer des commentaires positifs sur certains coups faits par chacun des enfants, on note pourquoi on aime ce jeu, bref on ne concentre pas toute notre attention sur le gagnant et le dénouement.

L’apprentissage

Les jeux sont sources de divers apprentissages. On peut développer notre mémoire, notre agilité, notre culture, notre sens de l’observation. Et plus on joue, plus on devient meilleur. Au départ, on peut avoir de la difficulté, mais c’est normal. Devant un enfant fâché de ne pas être rapidement bon, on note avec lui les trucs qu’il réussit à faire maintenant (aller en vélo, par exemple) et on lui rappelle qu’au début, il a dû apprendre, faire des erreurs, recommencer!

Gare aux imitations!

Être mauvais perdant, ça s’apprend aussi. Une petite introspection est parfois nécessaire. Est-ce que je suis mauvaise perdante? Il se peut qu’on montre le mauvais exemple. Si papa revient d’un match de hockey en bougonnant parce qu’il a perdu et ne relève pas de points positifs, l’enfant fera un lien clair. Est-ce vraiment ce qu’on veut?  Calmer l’anxiété de performance. Avec un enfant très compétitif, il est nécessaire de l’amener à jouer à des jeux de coopération par lesquels il comprendra qu’il a aussi besoin des forces des autres pour réussir. On trouve des jeux de société basé sur ce principe (on n’a qu’à demander à un conseiller en boutique), mais on peut tout aussi bien monter de petits projets en famille : construire une maquette  ou une murale, faire un casse-tête.

Ne pas encourager la compétition dans le quotidien

Il arrive que pour accélérer le rythme de certaines routines, on dise aux enfants : « qui sera le premier en pyjama ? » ; « qui aura fini de ranger sa chambre le premier ? » Cette stratégie ajoute un élément de compétition entre les enfants et entraîne un gagnant et un perdant. On indique l’importance que l’on accorde à la victoire, au fait d’être premier en tout. L’enfant n’est-il pas suffisamment confronté à cette demande de performance et d’excellence pour ne pas qu’on en ajoute dans ses routines quotidiennes ? De plus, cette demande n’aura d’ailleurs pas nécessairement l’effet escompté. Un enfant plus lent, se sentant vaincu à l’avance, n’accélérera pas nécessairement son rythme mais risque de se sentir déprécié par rapport à son frère ou à sa sœur.

Inculquer à l’enfant le plaisir de participer

Valoriser le plaisir du jeu et pas seulement sa finalité : on joue pour s’amuser. Le plaisir de jouer, c’est passer un bon moment ensemble, se découvrir des complicités avec ses partenaires, rivaliser d’astuces, de rapidité, d’humour. Le plaisir de jouer, c’est expérimenter toutes de sortes de qualités personnelles. Le plaisir de jouer se trouve d’abord et avant tout dans le jeu lui-même et non exclusivement dans son issue.

Ne pas sous-estimer la colère de l’enfant

Souvent, pour un enfant, perdre signifie être nul et c’est insupportable. Il a l’impression de décevoir. Sa frustration reflète son incapacité à bien faire alors qu’il le désire tant. Il s’agit donc de montrer assez de patience pour aider l’enfant à se calmer. Peu à peu il va apprendre à supporter ses petits échecs, à se rendre compte que ce n’est pas si grave, à arriver à trouver du plaisir en jouant même s’il ne gagne pas à tous les coups.

Laisser l’enfant exprimer sa colère

Quand il perd, il fait une crise, trépigne, hurle : il est fâché particulièrement contre lui.

  • Ne pas pour autant éviter les situations qui mènent à cette colère.
  • Laisser l’enfant se calmer tout seul.
  • Puis lui expliquer qu’il ne peut pas toujours gagner et qu’il a le droit d’être contrarié. A partir du moment où on lui reconnaît ce droit, cela peut-être constructif de se confronter à des échecs.
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