Racisme: introduire la tolérance dans l’éducation de l’enfant

Le racisme est le thème dominant en raison de l’actualité aux États-Unis et il est également un problème en Allemagne. Comment posez-vous déjà les jalons d’une plus grande tolérance dans l’éducation des enfants ?

Depuis que l’Afro-Américain George Floyd, 46 ans, a été tué lors d’une opération de police à Minneapolis le 25 mai dernier, la question du racisme a dominé les médias et le débat public. Et pas seulement aux États-Unis ! Le racisme est un problème latent dans de nombreux pays, dont l’Allemagne. Même les enfants deviennent victimes d’hostilité et d’exclusion racistes, souvent à cause d’autres enfants. C’est pourquoi, il est si important de transmettre la tolérance comme valeur dans l’éducation et de ne pas donner une chance au racisme. Découvrez des précieux conseils sur la manière d’introduire et d’influencer positivement votre enfant sur ce sujet.

Le racisme au quotidien

Dans son article, un expert évoque d’abord sa première expérience, en fait assez banale, du racisme. Cela s’est passé lors d’un barbecue, auquel ont également participé des visiteurs des États-Unis. Un enfant, alors âgée de six ans, jouait avec sa poupée, une poupée à la peau noire. L’américain s’est approché d’elle, a pris la poupée et la lui a rendue, complètement dégoûté, avec les mots « mais c’est noir ! Sa mère a alors confronté la femme de manière amicale mais déterminée, et ce faisant, elle a fait quelque chose de très important, elle a été un modèle. Le racisme divise les États-Unis en cercles de célébrités. Mais la réconciliation est également possible.

La discrimination raciale est en hausse

Selon l’auteur, de telles histoires sont malheureusement toujours d’actualité en Allemagne. Ce dernier a un problème de racisme et cela n’est pas sans conséquences. Le nombre de crimes à motivation raciale est en augmentation. Selon une étude, 35 % des personnes interrogées pensent qu’il y a « trop d’étrangers en Allemagne ». Parmi les immigrés de confession musulmane interrogés, 55 % ont fait état d’une discrimination à caractère racial. Malheureusement, cela a souvent affecté les enfants dans les crèches et les écoles. Le racisme est donc malheureusement un phénomène très répandu en Allemagne aussi.

Le racisme est une chose acquise

Le fait demeure : personne ne naît raciste. Le racisme est une chose qui s’apprend et s’acquiert, et les enfants sont surtout influencés par leurs parents. C’est pourquoi ils ont le devoir d’enseigner à leurs enfants le cosmopolitisme et la tolérance, ainsi que de les immuniser contre les influences racistes de l’extérieur. Et ce n’est pas du tout difficile. Il suffit de parler honnêtement avec les enfants sur ce sujet et d’être un bon exemple pour eux. Le racisme et l’extrémisme de droite se manifestent même dans les garderies.

Parler à l’enfant honnêtement et lui donner l’exemple

Tout d’abord, il faut expliquer aux enfants le plus tôt possible que les gens ont l’air différent, mais que cette diversité ne dit rien sur leur nature ou leur caractère. Il faut leur apprendre que chacun jouit des mêmes droits, quelles que soient son apparence et ses origines. Ils doivent également être sensibilisés à ce que fait le racisme, c’est-à-dire que des personnes sont exclues, blessées ou même tuées à cause de lui. Si vous êtes témoin d’un racisme quotidien avec votre enfant, alors vous devez aussi intervenir et donner l’exemple.

Lorsque les enfants rencontrent des enfants d’origines ethniques et culturelles différentes à la garderie, il est également important de les éduquer autant que possible sur les différentes cultures. Il est bon d’encourager son propre enfant à se dresser contre la discrimination des autres en cas d’urgence. Il est important d’adopter une position claire envers l’enfant le plus tôt possible, l’enfant apprendra alors automatiquement que le racisme ne doit pas avoir sa place dans notre société et dans la pensée de chaque individu. Le racisme n’est pas n’importe quelle « opinion ». Le racisme est une erreur cruelle, avec des conséquences souvent terribles.

À quel âge parler de racisme à son enfant ?

Il n’existe pas d’âge idéal pour commencer à aborder ces notions, il faut respecter le rythme propre de votre enfant lorsque vous l’accompagnez dans la découverte de son environnement. « S’il pose des questions, semble perplexe ou ému par un sujet, c’est qu’il est temps de l’aborder, à la mesure de son niveau d’implication. Ainsi, l’enfant devient acteur de son apprentissage et s’approprie les valeurs que vous souhaitez lui transmettre sans que cela soit par mimétisme », indique notre spécialiste. Certaines notions semblent cependant plus ou moins évidentes à transmettre à son enfant en fonction de son âge. Avant 6 ans, un enfant comprend par exemple la question des différences, mais pas nécessairement un concept comme le racisme. En effet, sa capacité à conceptualiser, à comprendre la complexité de son environnement dépend de son âge, comme le résume la porte-parole de SOS racisme :

Avant 3 ans : découverte de la différence

Son attention est principalement retenue par ses propres besoins et les personnes de son entourage proche. Il ne peut comprendre la différence que comme opposition entre ce qui lui est familier et ce qui ne le lui est pas, sans que cela ne soit lié à de quelconques préjugés.

Entre 3 et 6 ans : appréhension des différences

L’enfant s’entoure naturellement d’enfants qui ont des caractéristiques proches des siennes (sexe, langue, centres d’intérêt). S’il remarque alors leurs différences, il ne hiérarchise pas les individus bien qu’il puisse s’en méfier : ce qui est différent lui semble seulement inconnu et donc possiblement insécurisant. A cet âge, les propos des parents et personnes référentes sont immédiatement intégrées par l’enfant comme étant vraies, les stéréotypes et préjugés commencent à faire leur apparition.

À partir de 6-7 ans : création des stéréotypes et des préjugés

L’enfant comprend que certaines différences entre les individus les « catégorisent », comme le sexe, la couleur de peau, les classes sociales « pauvres » ou « riches ». Les stéréotypes et préjugés peuvent alors impacter son rapport aux autres. L’enfant est néanmoins aussi en capacité d’introduire de la complexité dans son jugement : au contact de personnes différentes, et avec l’appui de personnes en qui il a confiance, il peut comprendre ce que sont des stéréotypes et des préjugés, la façon dont ils influencent ses relations aux autres. Discuter des différences, qu’il ne s’agit pas de nier, prôner la tolérance et le respect des autres par l’exemple est alors extrêmement important pour la construction des valeurs d’un enfant : entre 6 et 8 ans, l’ensemble des stéréotypes, que nous conservons parfois à l’âge adulte, sont créés.

Comment en parler avec les enfants ?

L’essentiel est que vous adaptiez votre vocabulaire, la gravité, les exemples et illustrations donnés en fonction de l’âge de l’enfant et de son implication sur ce sujet.

Défaire les stéréotypes et préjugés

Travailler à l’identification et la déconstruction de nos stéréotypes est la première étape du développement du respect de soi et de l’autre, et finalement de la lutte contre le racisme », estime notre intervenante. Pour vous en défaire puis transmettre à vos enfants, notre pro conseille de s’appuyer sur la science pour déconstruire les possibles préjugés de votre enfant. S’ils parlent de couleurs de peau par exemple expliquez-leur en des mots simples que la couleur de peau est une question de mélanine, qu’elle permet de protéger du soleil et est donc de couleur différente en fonction des zones du monde où le soleil est plus ou moins fort. N’hésitez pas à regarder dans un livre d’enfant un squelette pour que votre enfant constate que celui-ci est le même pour tous les humains. L’Histoire également peut vous être d’un grand secours. Pour les plus grands, n’ayez pas peur des mots, vous pouvez leur parler de ségrégation, de génocide, d’extermination, tant que vous êtes à l’aise avec l’explication à en donner.

Parler de respect et des règles de vie

Une fois ces problématiques abordées, il sera question de leur apporter un cadre pour évoluer dans la tolérance. Vous pouvez déjà leur expliquer que les actes et propos racistes sont punis par loi, ainsi que la discrimination raciale. Vous pouvez aussi faire un parallèle entre le racisme et la violence ou le mensonge : vous lui apprenez à ne pas être violent, à ne pas mentir car cela le met en danger, met en danger les autres et n’est pas respectueux. Le racisme est lui aussi insultant pour les personnes vers lesquelles il est dirigé et n’est pas respectueux. De même que l’on apprend à ne pas être violent, à ne pas mentir, on apprend à ne pas faire de différences de traitement entre les individus et finalement à ne pas être raciste. Enfin, parlez-lui de respect. Respect de soi, respect de l’autre, respect des valeurs que vous souhaitez lui transmettre. Le respect est au cœur du vivre-ensemble et permet de contourner la question du racisme si vous estimez que votre enfant est trop jeune pour la comprendre. Si votre enfant est convaincu de ce qu’il faut respecter tout un chacun, vous pourrez ensuite très facilement traiter la notion de racisme.

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